En filigrane

objets-volants

En filigrane. J’aime ces mots. Ils sonnent, et ils m’évoquent des moments, des sensations ressenties, enfouies qui ne demandent qu’à remonter à la surface. Ce qui est en filigrane, en transparence. Ce qui est là sans être là. Ce qui se laisse deviner.

Comme lorsque vous entrez dans une pièce pour la première fois, dans une famille que vous ne connaissez pas. C’est étonnant comment
lorsqu’on est à l’écoute on peut tout lire, tout voir, ou presque de ce qui se joue entre les personnes de cette famille. Les tensions, les énergies positives, et négatives, les accointances, les incompréhensions, les non-dits….

Et bien plus que lorsque vous connaissez les personnes de cette même famille. Lorsque vous avez un lien avec eux, alors, votre clairvoyance n’est plus la même, car vous êtes imbriqué dans les fils de la/des relations avec chaque membre de cette famille, et à votre tour, vous essayez de vous positionner vis-à-vis des uns et des autres. En filigrane.

C’est fou tout ce qu’on peut percevoir. Impression de tout sentir, de tout voir, de lire les pensées des uns et des autres, de sentir le fragile équilibre de la relation, des relations. Comme si on était en mode ‘enregistreur’. Cela en fait presque mal. Comme si tous les pores de sa peau, de son propre visage devenaient malgré soi objet d’enregistrement. Pas toujours consciemment. Mais un jour, cette impression très forte ressentie à ce moment là, vous la transcrivez sous une forme ou une autre.

Et qu’importe si vous-mêmes, vous êtes l’attention de tous les regards. Vous êtes l’étranger, vous êtes à la place de Candide, et vous voyez tout. Ca n’arrive pas tout le temps. Mais lorsqu’on a la place de l’étranger dans une famille, qu’on a ce regard neuf sur un petit monde clos avec son lot d’incompréhensions, d’amours et de désamours, de non-dits qui pèsent une tonne, c’est fou comment dans les cinq à dix premières minutes on voit tout. Et peut-être est-on nous-mêmes mis à nu par les regards de ces inconnus, mais je ne crois pas. C’est vraiment une expérience unique, et qui a lieu presque à chaque fois que personnellement, je me trouve dans cette position là. Etre l’étrangère, arrivée par hasard, par inadvertance, au mauvais ou au bon moment-qui sait ?-, et cette sensation physique très particulière d’être en mode ‘enregistreur’. Par les yeux, les oreilles, les mains, le corps, le nez…. Et comme nous sommes tous faits de la même matière, j’imagine que cette expérience doit être partagée par d’autres dans les mêmes circonstances.

Avoir vraiment tous les sens en alerte.Avoir cette impression de lire distinctement tout ce qui ne se dit pas, tout ou presque, ou les grandes lignes de ce qui se cache entre les mots, tout ce qui se devine. En filigrane. Comme si nous étions le ‘révélateur’, ce produit magique qui fait apparaître l’image sur le papier photographique dans la photographie argentique.

En filigrane. Deux petits mots qui portent en eux bien des mondes secrets, comme les faces cachées des icebergs. Ces montagnes sous la mer. Nous, êtres humains sommes des sortes d’icebergs, qui glissent sur l’océan de la vie. Ce que nous montrons parfois de nous-mêmes ne représente que dix pour cents de ce que nous sommes. Parfois, plus, heureusement. Parfois, nous nous dévoilons. Un instant seulement. Comme une image photographique. Photographie de l’instant.
En filigrane.

La valise bleue ou la 2CV rouge de maman

La valise bleue de maman

Qui n’a pas dans un coin de sa mémoire le souvenir d’un objet relié à une personne, et qui englobe toute la personne à ce moment là ? Pour certains, c’est la valise bleue de maman, synonyme d’un temps précis de l’enfance par exemple, la préparation des bagages pour les vacances, ou le départ  sans retour de la maman en question, l’objet devenant un raccourci de ce petit ou grand drame ou petit ou grand bonheur de la vie…

La 2 CV rouge de maman

Pour moi, ce n’est pas une valise bleue, mais une deux chevaux rouge qui dirait le mieux  ma mère jeune femme. Tous ces trajets  quotidiens de l’école à la maison, de la maison à l’école dans cette voiture brinquebalante, avec sa conduite à elle, nerveuse et drôle à la fois. Pendant longtemps, j’ai crû qu’il  fallait conduire le volant d’une voiture très énergiquement, car je voyais ma mère bouger tout le temps son volant, dans un petit mouvement constant de gauche à droite, ce qui était en fait sa façon à elle particulière de la conduire, et qui faisait pester la plupart des autres adultes passagers.

La poésie de la 2CV

2CVrougeLa 2CV rouge, la voiture odyssée, la voiture romanesque, la voiture comique, la voiture insecte rouge… Toute la poésie de cette voiture avec son petit pare-brise, ses portes qui claquent, son bruit de moteur ronflant, son ‘toit décapotable’, son plancher à trous.  La voiture porte-bonheur, la voiture de la petite enfance, d’abord très grande, puis de plus en plus petite au fur et à mesure qu’on devenait plus grand soi-même.

L’aller-retour de l’école à la maison

Ce moment particulier de l’enfance aussi. Tous ces allers retours de la maison à l’école parfois joyeux, parfois énervés, parfois en larmes, parfois calmes, parfois ennuyants…  Avec une sœur, puis deux sœurs. Souvent avec du retard. Les départs précipités, les énervements, les cris, les rires, les blagues, les récitations, les chansons, les réflexions, les ‘gros mots’. Et les cartables, les blouses, les crayons. Avec  toutes les couleurs de l’arc-en-ciel des émotions, de la peur à la joie d’aller à l’école. La difficulté de quitter l’habitacle de la voiture, ou au contraire, la hâte de retrouver les copines. Le sourire de maman heureuse avec sa petite tribu…

Maman dans la 2 CV rouge

S’il y a une image qui pourrait résumer ces années de la petite enfance- les années bonheur de ma mère, c’est maman au volant de sa 2CV, qui klaxonnait dans les virages pour notre plus grande joie ‘Encore, encore !’,  son profil, son sourire, sa coupe de cheveux de brunette des années 70 (coupés très courts), ses robes à fleurs, ses pulls col roulé à rayures… et une fois que nous avions été déposées devant la petite cour de l’école et ses platanes, je la voyais repartir avec un pincement de cœur. Pourvu qu’elle ne nous oublie pas ou qu’elle vienne nous rechercher à quatre heures et demie, et non pas à quatre heures quarante-cinq !  Vivement que l’école soit finie !

Valise bleue ou 2 CV rouge, il y a des objets, des vêtements qui sont associés pour toujours dans un coin de notre mémoire à des personnes, à des événements précis de nos vies, quelques soient ces temps de la vie… Comme  si l’objet, la voiture, le vêtement pouvaient condenser tous les souvenirs heureux ou malheureux de cette période de notre vie à ce moment là.

Les aléas de l’inspiration

 

Ecrire sur …rien, ou plus exactement sur les petits riens de la vie, qui mis bout à bout dans une journée font un tout. Quand l’inspiration ne vous guette pas, comme un chat son oiseau, mais plutôt quand elle vous tombe dessus. Comme un pot de fleurs du 3ème étage.

Et toujours au pire moment, quand vous êtes au volant, et qu’en arrivant dans un parking vous emboutissez l’arrière train de la voiture avant-un phare arrière cassé-, qu’en reculant, vous arrachez votre rétroviseur, et que vous êtes déjà là à maudire ‘cette journée de merde’ qui commence super mal, là, vous avez une super idée, l’Idée, la brillante idée, qu’il faudrait à tout prix noter pour ne pas oublier, mais déjà arrive le propriétaire furieux de la voiture, que vous avez abîmée, et comme vous êtes légèrement, un peu coincée…il va falloir l’affronter. D’autant plus que ‘mal barrée’ comme vous l’êtes, encore une marche arrière, et c’est une deuxième voiture que vous emboutissez, et un deuxième rétroviseur que vous arrachez. Donc, sortir un petit carnet à ce moment là, et noter l’idée de passage-en plein vol –autant dire que c’est absolument impossible.

Petit numéro de charme passé-il vous reste encore ça !- la voiture désengagée par le Monsieur, qui s’est calmé, va savoir pourquoi et qui a bien voulu faire le créneau à votre place, finalement vous ne vous en êtes pas trop mal tiré- un phare à rembourser-vous quittez ce ‘p…..’ de parking, où vous n’auriez surtout dû pas mettre les pieds, et bien sûr la belle idée s’est envolée, elle s’est fait la malle, la pie voyageuse, et vous renoncez à votre rendez-vous d’Urssaf. Une prochaine fois. Pas trop d’épreuves à la fois !

Et bien plus tard, dans la soirée, quand vous vous retrouvez face à vous-même, quand les yeux sont sur le point de se fermer, Cling-Cling-Cling, l’idée sur son beau cheval blanc revient au galop. Libre à vous de vous endormir dessus, vous en rêverez, et vous la retrouverez encore plus fraîche demain matin, ou alors, rantanplan, vous essayez d’attraper le stylo, là-bas, derrière la pile de livres, mais il faut d’abord tendre le bras, escalader l’oreiller, et plaf, la lampe de chevet qui tombe, et plong, le verre d’eau qui se déverse sur le livre à terre, et patatras, vous vous prenez les pieds dans la couette. Plongée par terre, la tête la première ! Lorsqu’à moitié assommée, vous revenez à vous-même, là, vous vous dites : ‘Bon, finalement ! Il y a des jours, où mieux vaut les laisser passer les idées, brillantes ou pas !’ La bosse, qui vient de me pousser sur le front va en faire pousser de nouvelles, je l’espère, et un peu moins dangereuses !

The End.

Elle court, elle court la rumeur

 

Elle court la rumeur

En moins d’une semaine, deux rumeurs ont défrayé la chronique : celle, concernant Valérie Trierweiler, qui avait soi-disant saccagé l’Elysée lors de sa scène de ménage avec François Hollande -3 millions d’euros de dégâts selon ces drôles de sources-, et celle qui concerne les écoles qui enseigneraient soi-disant ‘l’étude du genre’ dans les maternelles et les écoles primaires, ce  qui a eu pour conséquence  que les parents-convaincus par la rumeur-retirent leurs enfants de l’école, et cela donne lieu  en ce moment à de nombreux débats sur cette question.

La rumeur virale

Il y a quelque chose d’assez effrayant dans cet aspect viral de la rumeur. Une fausse information, vite reprise emballe le web en quelques heures, et l’on finit par douter de la vérité. Qu’est-ce qui est vrai, qu’est-ce qui est faut ? Qui doit t’on croire ? Il faut alors de sérieux démentis des uns et des autres pour que la vérité soit rétablie.

Sommes nous crédules ?

On peut se demander sur quoi elle se fonde, sur quel terrain elle est semée pour trouver ainsi des esprits sains et normaux, prêts à croire facilement des choses un peu ‘incroyables’ dans d’autres circonstances. Sommes nous tous devenus des moutons de Panurge ? Prêts à sauter de la falaise, prêts à croire n’importe quelles sornettes, parce qu’elles se sont répandues comme une ‘traînée de poudre’ sur le web ? Dans quel climat de défiance vivons nous pour que ce genre de fausses informations puisse être crues, relayées, sans un minimum de vérification des faits ?

Il y a quelque chose d’assez effrayant dans tout ça, et cela donne sérieusement à penser sur les informations ou fausses informations qu’on trouve sur internet. Il va falloir à nouveau bien entraîner sa capacité à douter pour ne pas se retrouver agent, et ‘colporteur’ de la rumeur à son tour.

Apprendre à douter pour ne pas être désinformé

Cela donne sérieusement à penser aussi sur ce climat de défiance qui règne ça et là, sur ce terreau, où peuvent croître si facilement de fausses informations. On peut aussi s’interroger sur les intentions de ceux (individu ou groupe d’individus) qui sont à l’origine de ces rumeurs. A l’heure d’internet, la rumeur peut devenir une sacrée arme dans les mains de personnes malveillantes, et notre république me semble un peu secouée en ce moment. Un peu fragile. Attaquée de toutes parts. A nous d’exercer notre vigilance, et notre droit à être informé, et non pas d’être ‘désinformé’.

Ps:  Ceci n’est pas un réquisitoire contre internet. Je suis la première à l’utiliser toute la journée, mais plutôt de son mauvais usage !

Sois belle, sois toi-même ! ou l’histoire de Lizzie Velasquez

Lizza Velasquez, une jeune femme courageuse

Sois belle, sois toi-même

Dans notre monde d’aujourd’hui assez cruel, où l’apparence compte plus que tout, où la beauté a été érigée comme critère absolu, l’histoire de Lizzie Velasquez est remarquable.

Qui est Lizzie Velasquez ?

Cette jeune femme de 23 ans, atteinte d’un syndrome rare, qui l’oblige à s’alimenter toutes les 15 mn sans pourtant prendre aucun gramme de poids, au corps et au visage très émaciés et disgracieux, qui ne voit que d’un seul œil, et dont l’image sur Facebook a été associée outrageusement aux mots ‘Femme la plus moche du monde’ a du courage et de l’humour à revendre.

De son handicap, elle en fait une force

De son handicap, elle en a fait une force. Intelligente, talentueuse, elle a écrit un livre- Be beautiful, Be yourself –qui retrace son parcours et les difficultés qu’elle a rencontré jusqu’à aujourd’hui avant de s’accepter elle-même, et de tirer partie de son infirmité.

Elle parle aussi du ‘skinny bashing’, ou comment les ‘maigres’ sont harcelées, et de la violence qu’elle a subie lorsqu’à 15 ans elle a vu sur un site une vidéo d’elle, la citant comme la ‘femme la plus laide du monde’. Tout cela, elle l’a surmonté, grâce  aussi à une famille aimante, qui l’a toujours chérie telle qu’elle était, mais aussi grâce à son intelligence et à sa force de caractère.

Une star outre atlantique

Outre atlantique, elle est devenue une star, et elle intervient maintenant en tant que conférencière dans des colloques, ou des meetings pour parler de son infirmité, et comment aller au-delà. Etonnante, drôle, fine, son éloquence nous fait vite oublier sa disgrâce, elle est un exemple vivant, et  elle est inspirante pour nombre d’entre nous qui n’ont pas connu le quart de ses souffrances ou humiliations. C’est un peu sa revanche à elle.

Son histoire a ému les américains, et de nombreux journaux et blogs ont relayé son histoire et son combat, soulevant des questions sur l’apparence, sur les notions de beauté et de laideur, sur le diktat de la beauté sur nos comportements, et sur la place qu’a la beauté intérieure dans notre société actuelle.

Beauté intérieure versus Beauté extérieure

Quand on lit les commentaires des articles qui ont eu trait à ce sujet, on est surpris parfois comment tout le monde  est d’accord sur cette notion de ‘beauté intérieure’, comment il faut ne pas se fier aux apparences, comment ‘au grand jamais’ on ne ferait jamais de discrimination sur ce critère, et que dans le cas d’un recrutement dans son entreprise, comment on donnerait toute sa chance à une personne comme elle, pourvu qu’elle soit compétente…

Je ne sais pas dans quelle mesure ces mots seraient suivis d’action, car on vit dans un monde bien particulier, où il y a une vraie dichotomie entre la réalité des magazines, et la réalité du monde. Ces fausses femmes parfaites, car retouchées via Photoshop, qu’on nous présente dans les magazines deviennent la réalité, et nous donnent des complexes, nous, les femmes réelles, sans retouches, et cela crée dans les têtes et dans les comportements des confusions, des ‘inaccessibles quêtes’… Et cela infuse ensuite dans tous les compartiments de la société…

 Lizzie Velasquez : un cas remarquable

C’est pourquoi Lizzie et ses livres, Lizzie et ses conférences est intéressante. On ne vit pas dans un monde parfait avec des êtres parfaits physiquement, ni intérieurement. On vit dans un monde réel avec des êtres imparfaits, et l’on ferait bien de temps en temps de mettre en avant des êtres, qui nous ressemblent et de mettre en avant d’autres valeurs que celles de l’apparence.

L’exemple de cette Lizzie est intéressante, parce que malgré son handicap physique pourrait t’on dire, le souvenir que l’on a d’elle lorsqu’on l’a vu et qu’on l’a entendu s’exprimer dans cette vidéo, c’est une belle fille lumineuse et courageuse. Elle a ce quelque chose de beau et de vibrant, de touchant et d’émouvant, qui la fait briller de l’intérieur.

Pour en savoir plus :

On peut retrouver des extraits de ses interventions sur You tube :

http://youtu.be/c62Aqdlzvqk

ou acheter son livre sur Amazon :

http://www.amazon.com/Be-Beautiful-You-Lizzie-Velasquez/dp/0764820796

Danser la vie ou la danse des 5 rythmes

Vue de la vidéo de Gabrielle Roth

Vue de la vidéo de Gabrielle Roth

 

Danser la vie ou la danse des 5 rythmes

Découvrir le plaisir de se mouvoir

Il y a une certaine ironie de la vie : découvrir le plaisir de la danse à plus de 40 ans. Le plaisir de danser, de se fondre dans la musique, de devenir rythme. Etre rythme. Etre en accord, en harmonie. Pour quelques instants, défier les lois de l’apesanteur. Comme si on dessinait l’espace avec son corps. Comme si on mettait à jour  l’imaginaire de son corps. Se sentir quelques instants sculpteur et chorégraphe éphémère de l’espace.

Danser avec tout son être

Danser avec tout son être. Etre investi dans cet acte avec sérieux et légèreté, corps et âme. Et dans les plus purs instants de la danse, se sentir oiseau. Libérer les oiseaux en soi. Découvrir, expérimenter  l’envol de soi. Comme si on quittait pour quelques instants notre cage-enveloppe terrestre, et qu’on laissait échapper la danse de notre âme-esprit. Cette  petite danse intérieure qui ne demande qu’à s’exprimer.

La Danse des 5 rythmes

Ce plaisir viscéral de la danse, je l’ai découvert récemment à travers la danse des 5 rythmes, qui  est une danse sans en  être vraiment une : une danse médecine,  une danse qui se relie aux sources des chamanes. Danse créée et développée par Gabrielle Roth, artiste américaine, qui se disait volontiers –chamane urbaine-, et qui a formé de nombreux enseignants à travers le monde. Danse à la portée de tous, jeunes ou vieux, qui se pratique en groupes dans la bienveillance et le non jugement. Il ne s’agit pas de bien danser, de faire une belle danse, mais d’être au plus près de soi-même, de se connecter à soi-même et aux autres, et de développer sa petite danse intérieure.

Danser en groupe : un acte qui relie

Il n’y a pas si longtemps encore, et pendant des millénaires les peuples communiaient dans la danse. Nos sociétés occidentales se sont un peu coupées de cette source fondamentale. A travers cette danse, de façon laïque, on cherche à retrouver quelque chose de cet ordre. Retrouver le ‘sauvage ‘ en soi, abandonner le policé, gagner un peu plus de liberté, se connecter profondément à soi, se brancher à son ‘humain ‘. Dans le partage de la danse en groupe-de 20 à 100 personnes parfois-, il y a addition de son énergie à celle des autres. On découvre la puissance de la communion dans le groupe. Ce n’est pas se fondre dans le groupe. C’est être encore plus un, encore plus unique, encore plus soi.

Danser ses émotions.

Dans émotion, il y a motion ou mouvement. Mettre en mouvement son corps, c’est mettre en mouvement son être entier. Et lever un blocage dans son corps, cela est lever un blocage à l’intérieur. Juste par exemple dans le fait de s’autoriser à danser, de se dire ‘Moi aussi, je peux’, alors que pendant des années vous étiez convaincu que vous ne saviez pas danser, que vous étiez trop pataud, que c’était pour les autres et pas pour vous. En vous ôtant cette limite là, vous allez en cascade lever d’autres limites, et mine de rien, casser plein de fausses vérités avec lesquelles vous avez vécu pendant de longues années. Danser ses émotions, c’est amorcer un chemin de transformation, pas après pas. C’est gagner un peu plus de liberté. Et plus vous êtes libre, et plus votre danse est belle, et plus vous êtes beau.

Se connecter à soi-même à travers la musique.

Danser, c’est se connecter à la vie en soi, à la respiration, au rythme. A la musique. Dans cette pratique, la musique est très importante. L’on peut danser sur toute musique de la plus urbaine à la plus traditionnelle.  La Danse des 5 rythmes est un voyage : c’est traverser une vague de cinq rythmes définis comme fluide, staccato, chaos, lyrique et quiétude.  Traverser ces cinq rythmes, c’est comme être au bord d’un rivage, se laisser doucement happer par la vague, se laisser ensuite emporter furieusement par la vague, atteindre une sorte de climax, puis à nouveau se laisser glisser doucement vers le rivage.

Danser comme on respire

Danser, c’est se relier à soi, aux autres, au monde. C’est se connecter à la joie en soi, à la joie d’être, à la joie d’être en vie et présent au monde. Juste chanter le miracle de la vie, et sentir ce qu’il y a d’éphémère dans le fait même d’être vivant. Nous somme respiration : expiration, inspiration. Danser, c’est chanter la joie d’être au monde, c’est accueillir la vague du rythme, la vague de la respiration. Nous sommes la vague avec son flux et son reflux. Danser la vie.

 

Pour plus d’information sur la danse des 5 rythmes, qu’on peut pratiquer en France aussi, à Paris,  à Lyon  et dans d’autres villes de France et dans d’autres capitales européennes : http://www.5rhythms.com/

http://www.5rythmes.fr/

Découvrir aussi les beaux livres de Gabrielle Roth en anglais et en français :

Map to Ectasy

Sweat your prayers

La danse des 5 rythmes: un chemin de transformation par le mouvement (traduction française)

Lien vers une vidéo, où l’on voit Gabrielle Roth danser.

http://youtu.be/8cYYzcTzm6Y

 

Joie

BallonsQuand le vent s’engouffre en vous, vous soulève, et vous maintient dans un état d’apesanteur !. Comme si un orchestre se mettait instantanément en branle, et que votre corps jouait de tous les instruments ! Les yeux mandoline, les joues banjo, le coeur percussion, le buste guitare, les jambes violon… Quand vous devenez vibration. Avec les êtres, avec la nature, avec les animaux… Si vous étiez un mets de cuisine, vous seriez un soufflé, une petite merveille d’oeufs et de fromage, mais un soufflé qui ne se dégonfle pas…

Quand la joie vous visite, et s’invite en vous, vous voudriez lui dire à ce sentiment : ‘Bienvenue ! et surtout, reste un peu mon beau ! Non, pas une  nuit seulement ! Non pas comme un amoureux volage ! Non, pas comme un visiteur du soir ! Bienvenue, et installe toi dans mon petit ‘chez-moi’ ! Je peux te faire la visite du propriétaire si tu veux !’  Mais la joie, comme toutes les couleurs de l’humeur n’est pas un oiseau qu’on encage, mais une merveille de versatilité, une Barbapapa, un nuage de sucre, un vent, ou une grande bourrasque qui vous soulève et vous emporte, et qui une fois envolée vous fait retomber brutalement sur le sol ! Préparez le parachute pour amortir la chute ! Avoir toujours sur soi son petit parachute anti tristesse, anti coups de blues !

Accueillir la joie en soi, mais aussi toutes les autres émotions, humeurs quand elles surviennent ! Après tout, nous ne sommes que des pages blanches traversées par ces écritures échevelées, par ces vents contraires, et comme l’arbre, il nous faut être bien enraciné pour ne pas être ébranlé par les trop grandes tempêtes, qu’elles soient de joie ou de tristesse. Comme un marin, garder le cap, viser le Nord, et ne pas se perdre en route ! Aller de l’avant, droit devant, car de toutes façons, nous sommes attendus au bout du chemin. Pas de retour en arrière possible ! Vivre son présent, et aller vers son futur droit devant !

arbre

Ces poissons qui volent

Ballon ancien-image du net

Ballon ancien-image du net


Image du net

Image du net

Ces deux images qui n’ont pourtant rien à voir l’une avec l’autre ont en commun qu’elles titillent l’imagination, qu’elles sont porteuses d’imaginaires. Des récits pourraient naître à partir de ces images.

Vingt mille lieues dans les airs

L’une, ballon gonflable ancien à la structure ailée, fait penser à un poisson aérien, survolant un paysage de montagnes-ballon espion, ballon météorologique ?- dans une atmosphère un peu fantastique. C’est la magie de l’instantané vieilli qui lui donne ce caractère quasi irréel, et mystérieux. Il y a quelque chose des représentations futuristes de Jules Vernes, qui auraient trouvé là leur incarnation. Ce n’est pas vingt mille lieues sous les mers, mais vingt mille lieues dans les airs. Qui sait ? Peut-être que le ballon cache en son sein un capitaine Némo un peu fou, extravagant et tyrannique ?

Un poisson volant

L’autre aussi saisit un instant assez irréel ou surréel du présent. Insolite. Improbable. Quand un premier miracle a lieu, un rapace vole un poisson – une truite d’un bassin d’aquarium ?-, et que ô second miracle, le photographe parvient à capter ce moment là. Quand deux ‘improbabilités’ se rencontrent dans le même cliché. Cela est renforcé aussi par le mouvement capté dans l’image : sur le flou de l’arrière-plan, sur la façade se détache clairement le rapace en plein vol, ses serres tenaillant le poisson rouge, qui, lui semble d’une impassibilité totale. Quand les poissons volent…

La vie rêveuse ou la vie hyper réelle

Ces petites choses de la vie qui arrivent, qui bouleversent un peu le cours des événements, nous surprenant, nous réveillant en quelque sorte d’un quotidien routinier et qui, l’espace d’un instant nous font voir les choses autrement. Un peu comme si nous sortions d’un rêve, ou comme si nous entrions dans une autre dimension. Ces petits imprévus qui donnent tout le suc à la vie.

Le lapin d’Alice

Le lapin d'Alice, image trouvée sur Facebook

Le lapin d’Alice, image trouvée sur Facebook

Il y a des images qui vous poursuivent, ou qui se sont incrustées en vous si profondément dans vos lectures d’enfant, qu’elles resurgissent à un moment donné ou à un autre dans votre vie d’adulte. Tel le lapin blanc et sa montre courant contre le temps dans cet album d’Alice au Pays des Merveilles, que j’avais. Album quasi incompréhensible, car l’adaptation était plus que raccourcie, et c’était en fait un résumé du livre où l’on voyait Alice dans des situations étranges et incompréhensibles, mais sans aucun lien entre elles. Cet album-rébus malgré tout a mis à l’épreuve ma curiosité d’enfant, et ce qu’il m’en est resté, plus qu’une histoire avec un sens, ce sont des images. Des images fortes. Porteuses de sens, rétrospectivement.

Comme le lapin d’Alice. Ce lapin et sa montre, métaphore du temps qui passe ou métaphore de la vie. Ce lapin peu sympathique que l’on poursuit dans un terrier, et qui d’aventure en mésaventure nous emmène plus loin, toujours plus loin. Ce lapin toujours pressé, qui fait ou qui dit des choses incompréhensibles, c’est un peu le cours de la vie même, qui nous porte, qui nous emporte, qui nous fait vivre parfois des choses surprenantes, imprévues, illogiques, et qui fait le charme de la vie même ! Cette part d’imprévu que chaque jour peut contenir pour le meilleur ou pour le pire. Cette course contre le temps, qui va bien plus vite que nous. Inéluctablement.

Le lapin d’Alice, ou l’image intrigante, curieuse, où le sens ne se donne pas d’emblée- mais un lapin, ce n’est pas habillé comme ça !, mais un lapin, ça n’a pas de montre !- toute cette part d’absurde et de fantaisie qu’elle contient, avec la multiplicité de ses lectures possibles est un défi pour l’esprit, pour l’imagination, et une petite pierre dans la construction de son propre édifice, de son propre imaginaire-univers.

Le lapin d’Alice, ce n’est pas une madeleine de Proust, c’est plutôt une petite lumière qui s’allume dans la tête, un pétillement des yeux, un Eurêka ! , une étincelle de l’esprit, comme une petite porte qui s’ouvre en soi, une nouvelle façon de faire, de voir les choses, un hymne à la nouveauté et à l’intelligence, un délire de mathématicien ou de musicien ! Quand l’abstraction devient émotion ! Quand l’image nous nourrit et nous féconde.

 

Un article intéressant à découvrir sur Le lapin blanc, et ce que cela représente sur : popenstock : http://popenstock.ca/dossier/article/le-saut-hors-de-la-matrice-la-poursuite-du-lapin-blanc

La râpe à fromage

Peut-on écrire sur tout ?

La vie parfois nous offre de petits défis. C’est ce qui m’arrive en ce moment, puisque je suis amenée à écrire des textes sur des thématiques très, très éloignées de mes préoccupations, et de mes goûts.
Passé l’obstacle ‘Beurk ! Je dois écrire sur ça ! mais qu’est-ce ce que je peux dire ?’, cela devient en fait un jeu, et un petit défi au quotidien. et l’on trouve en fait les ressources en soi et sur le net pour écrire sur presque n’importe quoi.

Et pourquoi pas sur la râpe à fromage ?
Petit clin d’oeil à mon père, qui lorsqu’il me rend visite voudrait jeter toutes les vieilles choses qu’il trouve sur son passage, et les remplacer par des nouvelles qui fonctionnent. Quoi une râpe à fromage en inox et et plastique ? Et qui fonctionne ? Beurk !

Mais où se trouve la poésie dans cet objet là ? Je préfère sans façon la vieille râpe en ferraille, qui doit bien avoir 40 ans avec son moulinet manuel et ses inscriptions gravées ‘MOULI GRATER Made in France’, qui n’est pas très efficacemouligrater certes, mais qui a le charme de l’ancien?

Quand je la regarde, elle me transporte en arrière, quand je n’étais pas plus haute que la table- cinq ou six ans- et que je regardais faire mon père, et que je lui disais : ‘Moi aussi, moi aussi, je veux le faire !’ , et que j’attendais avec impatience mon tour.

Moi, aussi j’allais pouvoir tourner le ‘machin’ qui transforme un carré de fromage en cheveux d’or, et cet engin qui paraissait d’usage si simple dans les mains de mon père ou dans celles de ma mère était en fait une vraie barbarie pour mes petites mains ! Ce n’était pas facile du tout ! Car d’un côté, il fallait tenir le rabat en fer pour que le morceau de comté frotte bien contre la râpe, et de l’autre, il fallait tourner le moulinet, qui à chaque fois était empêché par le trop gros morceau de fromage.

Quand j’y arrivais, c’était une joie ! Mais je n’y arrivais jamais seule. Il fallait bien une grosse paluche d’adulte, qui venait se superposer sur ma petite main pour m’aider à serrer le rabat pour que ça marche ! Mais quand ça marchait, Eurêka ! J’étais l’alchimiste qui venait de transformer le plomb en or, le chercheur d’or qui avait trouvé parmi ses cailloux la pépite, j’avais réussi à transformer un bloc de fromage en fils d’or, qui allaient rendre goûteuse ma soupe ou mes pâtes !

Je ne sais pas pourquoi non plus, cette râpe à fromage, je la relie aussi aux préparations de fête de noël de mon enfance. Une certaine lumière, une certaine chaleur dans la cuisine, une euphorie dans l’air, des cris de joie ou de récrimination, comme il peut y avoir dans toute vie de famille, une précipitation, ‘Vite, vite ! Les invités vont arriver !’, des chamailleries aussi, car je n’étais pas la seule à vouloir utiliser ‘la machine à cheveux d’or’.

En réfléchissant, il y a plein de belles ou de moins belles choses inutiles que je garde, ou que je ne jette pas à la poubelle, pour juste le plaisir d’un souvenir fugace, qui un jour peut-être ou pas rempliront une page blanche ! Cet engin ni laid ni beau rappelle un autre temps, le temps des orpailleurs de fromage, le temps où on tournait une manivelle pour que le miracle ait lieu !