La râpe à fromage

Peut-on écrire sur tout ?

La vie parfois nous offre de petits défis. C’est ce qui m’arrive en ce moment, puisque je suis amenée à écrire des textes sur des thématiques très, très éloignées de mes préoccupations, et de mes goûts.
Passé l’obstacle ‘Beurk ! Je dois écrire sur ça ! mais qu’est-ce ce que je peux dire ?’, cela devient en fait un jeu, et un petit défi au quotidien. et l’on trouve en fait les ressources en soi et sur le net pour écrire sur presque n’importe quoi.

Et pourquoi pas sur la râpe à fromage ?
Petit clin d’oeil à mon père, qui lorsqu’il me rend visite voudrait jeter toutes les vieilles choses qu’il trouve sur son passage, et les remplacer par des nouvelles qui fonctionnent. Quoi une râpe à fromage en inox et et plastique ? Et qui fonctionne ? Beurk !

Mais où se trouve la poésie dans cet objet là ? Je préfère sans façon la vieille râpe en ferraille, qui doit bien avoir 40 ans avec son moulinet manuel et ses inscriptions gravées ‘MOULI GRATER Made in France’, qui n’est pas très efficacemouligrater certes, mais qui a le charme de l’ancien?

Quand je la regarde, elle me transporte en arrière, quand je n’étais pas plus haute que la table- cinq ou six ans- et que je regardais faire mon père, et que je lui disais : ‘Moi aussi, moi aussi, je veux le faire !’ , et que j’attendais avec impatience mon tour.

Moi, aussi j’allais pouvoir tourner le ‘machin’ qui transforme un carré de fromage en cheveux d’or, et cet engin qui paraissait d’usage si simple dans les mains de mon père ou dans celles de ma mère était en fait une vraie barbarie pour mes petites mains ! Ce n’était pas facile du tout ! Car d’un côté, il fallait tenir le rabat en fer pour que le morceau de comté frotte bien contre la râpe, et de l’autre, il fallait tourner le moulinet, qui à chaque fois était empêché par le trop gros morceau de fromage.

Quand j’y arrivais, c’était une joie ! Mais je n’y arrivais jamais seule. Il fallait bien une grosse paluche d’adulte, qui venait se superposer sur ma petite main pour m’aider à serrer le rabat pour que ça marche ! Mais quand ça marchait, Eurêka ! J’étais l’alchimiste qui venait de transformer le plomb en or, le chercheur d’or qui avait trouvé parmi ses cailloux la pépite, j’avais réussi à transformer un bloc de fromage en fils d’or, qui allaient rendre goûteuse ma soupe ou mes pâtes !

Je ne sais pas pourquoi non plus, cette râpe à fromage, je la relie aussi aux préparations de fête de noël de mon enfance. Une certaine lumière, une certaine chaleur dans la cuisine, une euphorie dans l’air, des cris de joie ou de récrimination, comme il peut y avoir dans toute vie de famille, une précipitation, ‘Vite, vite ! Les invités vont arriver !’, des chamailleries aussi, car je n’étais pas la seule à vouloir utiliser ‘la machine à cheveux d’or’.

En réfléchissant, il y a plein de belles ou de moins belles choses inutiles que je garde, ou que je ne jette pas à la poubelle, pour juste le plaisir d’un souvenir fugace, qui un jour peut-être ou pas rempliront une page blanche ! Cet engin ni laid ni beau rappelle un autre temps, le temps des orpailleurs de fromage, le temps où on tournait une manivelle pour que le miracle ait lieu !

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