Vues de l’été-Royan-Corse

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Coquelicots 2019

Encore une petite photo de coquelicots, comme un refrain de l’été, qui année après année revient. Toujours le même, et toujours un peu différent.

C’est toujours le même plaisir des yeux, le même plaisir des sens. Quand la nature se fait artiste, et signe des tableaux éphémères, rien que pour nous.

 

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Danser

Danser

Danser en étant présent. Absent. Entièrement. Avec engagement. Etre là à 100 pour cents. Danser comme un mort-vivant. Danser lentement, Rapidement. En tressautant.  En jouant, en criant, en pleurant. En riant,  En s’envolant, en sautillant, en tournant. En s’imbriquant. En hésitant, en fuyant. En rampant, en se jugeant, en se collant, en se touchant, en s’évitant, timidement, en s’extasiant.  En rêvant.

Danser ses tripes. Danser pour se libérer.

En corps à corps. Seul ou avec l’autre. Immergé en soi, ou accroché à l’autre. Raide comme un piquet. Avec des valises aux pieds. Danser avec sérieux. Danser avec fantaisie. Avec surprise. Avec poésie. Avec légèreté. En s’envolant.

Danser avec fatigue, avec émotion, avec humeur, colère, joie, tristesse, attitude, désespoir. Avec séduction.

Danser comme un pétale. Avec délicatesse. Avec grâce. Avec douceur.

Danser pour être vu. Danser avec arrogance.

Danser en accord, en désaccord

Danser pour être soi. Danser pour soi.

Danser les dents serrées, le cul serré, le visage fermé. Danser les yeux exorbités. Avec intensité. Les yeux fermés. En vérité. Pour exister. Avec brutalité. Avec sensualité, Avec générosité. Avec inventivité. Avec étrangeté. En étant incarné. En défiant la gravité. Avec légèreté. Avec agilité.

Avec souplesse. Avec grâce. Avec les bras, sans les bras. Les yeux perdus. Danser visage ouvert. Danser avec plaisir. Avec passion. En rythme. Danser la bouche ouverte. Le sourire radieux. En harmonie, en disharmonie, en arythmie.

Comme un robot, comme une tombe, comme une folle, comme une transe, comme un lutin, comme une fée, comme un exorciste, comme un rite vaudou, comme une expansion, comme une rétention. Comme un roi, une reine, un joker, un guerrier, un sage, une amoureuse. Avec des milliers de dictionnaires sur la tête. L’air benêt, heureux. Comme une bombe, une explosion, un pétard mouillé. Comme un déchaînement, un chaos. Comme une porcelaine. Sans jamais se décoiffer. Danser comme une rock star. Comme une goutte de rosée. Danser avec tout son dentier. Comme une vahinée. Comme un bulldozer.

Danser comme si c’était la dernière fois. A ne plus pouvoir s’arrêter. Danser pour vivre. Danser pour ne pas mourir.

 

Ps: Echo d’un stage de danse des 5 rythmes, où 140 personnes, jeunes et moins jeunes se sont côtoyées pendant 5 jours pour danser ou ‘mettre en mouvement’ leurs êtres, et c’est étonnant comment l’expression de soi peut prendre différentes formes, au-delà de la laideur, de la beauté, ou de la performance. Juste se mettre en mouvement.

Instantanés de l’année

Kaléïdoscope de l’année écoulée

Images, couleurs, sensations, sons, qui ont retenu mon attention cette année.

Jaune:

La couleur jaune, omniprésente ce dernier mois. Le jaune ‘gilet jaune’,  la vague de jaune, qui a déferlé sur la France, avec ses colères légitimes, et ses excès de violence, illégitimes aussi.

Rouge:

Au secours ma planète ! Tous les voyants sont au rouge, et nous dansons au bord du volcan. Atmosphère de fin du monde. Bruits de bottes un peu partout sur le globe, avec ces extrêmistes, qui arrivent au pouvoir ci et là, qui nous font revenir en arrière, et met en danger la paix, qui est déjà bien fragile.

Bleu:

L »océan se meurt du plastique, les mamiphères marins aussi, et nous aussi bientôt en bout de chaîne avec les micro particules de plastique, que nous finissons par ingérer.

Blanc:

Comme l’air du temps. Ce temps qui passe, et qui nous dépasse. Cinquante ans pour moi cette année. Un tournant dans une vie. Savoir qu’on entre dans la troisième page de sa vie, que le temps passe, et qu’il faut manifester ce qui doit l’être.

Vert:

La nature, malgré la pollution, la nature avec sa saisonnalité, sa faune, ses couleurs, ses odeurs, ses clameurs, ses douceurs, sa rudesse aussi est une consolation toute l’année. Un plaisir des yeux, des sens, du corps. Juste de se sentir vivante parmi d’autres êtres vivants.

Vert comme un arbre:

Un être vivant parmi d’autres. Comme les arbres, dont on a découvert l’intercommunication entre eux. L’intelligence des arbres.

Voir le livre La vie secrète des arbres, Paul Wohlleben, 2017, Et le film documentaire, L’intelligence des arbres.

 

 

 

 

 

 

Petit matin d’hiver

Petit matin d’hiver, petit matin doux et sans neige, sans froid et sans glagla, sans la lumière, et sans le bleu ciel des jours d’hiver enneigés.

Un jour avant noël, un jour gris, et sans reliefs, un jour-matière qui ne demande qu’à prendre forme.

Un jour à l’anormale douceur, un jour qui dit le ‘changement climatique’, un jour qui pourrait aussi bien être un jour d’automne ou du printemps.

Un jour un peu triste, mais calme, propice à la méditation, à l’introspection, ou à la création.

Un jour un peu vide, qui ne demande qu’à se remplir. De mots, d’images, de sons, d’émotions.

Un jour d’ennui peut-être, un jour sans programme, sans liste de choses à faire, de gens à voir, de buts à atteindre.

Un jour qui a le temps, qui donne du temps, qui ne compte pas son temps.

Un jour bilan peut-être, pour regarder derrière, pour mieux aller en avant. Un des derniers jours de l’année 2018, riche en couleurs, en émotions, en début de réalisations.

Un jour un peu mélancolique, comme cette lumière du ciel un peu fadasse, un ciel, qui ne donne pas envie de chausser ses bottes et d’aller marcher, un ciel, qui invite au cocooning, au repli sur soi, ou à l’expression de soi à travers les mots, les couleurs, les sons.

Un jour au ciel levant, un jour à la lumière changeante, un jour contrasté, un jour au ciel bien blanc, où viennent maintenant se découper en ombres chinoises les arbres nus.

Un jour d’ennui, mais de cet ennui, riche en possibilités, de cet ennui qui pousse à faire lever en soi les petites graines de la création.

Un jour invitation, un jour appel, un jour levain, un jour semence, un jour pouvoir, un jour action pour soi, un jour pour soi.

Pas si mal finalement pour un matin d’hiver un peu tristoune.