Empreinte d’un voyage

Images fugitives. Que reste t’il d’un court voyage trois semaines après ? Des petits riens: un sourire glané-là, un geste ici, quelques mots entendus ici,  une scène insolite là. Pas grand-chose, en fait. On retrouve vite son quotidien, et ses habitudes, mais il y a quand même une empreinte du voyage, qui parfois se fait même à notre insu.

Avoir découvert une autre culture, avoir été plongée dans un autre bain culturel, une autre langue, dans une autre lumière, d’autres sons, d’autres bruits, d’autres odeurs, malgré soi, et particulièrement si on est sensible, le voyage a déposé sa trace. Même si on ne s’en rend pas compte tout de suite. C’est pourquoi c’est si essentiel de voyager. Cette ouverture sur le monde, cette ouverture des yeux, cette ouverture du coeur. Des préjugés, des barrières tombent. Un appétit pour le monde, pour une culture, pour un pays s’éveille. Naissance d’une curiosité.

Et si je me replongeais dans ces images fugitives, qui à l’heure d’aujourd’hui, en y repensant me font sourire.

Une terrasse de café ensoleillée dans la Médina de Essaouira. Un groupe de musiciens traditionnels tout de blanc vêtus avec leurs instruments, et l’un d’eux attire particulièrement mon attention. Lui s’occupe du tambourin. Il est vêtu de cet ensemble masculin-sorte de robe et pantalon-blanc, d’une petite toque rouge, et de grosses lunettes rondes à doubles foyers. Il est très sérieux. Les quatre hommes jouent cette musique, qui nous est destinée à nous les touristes, paressant sur cette terrasse, et toutes les trois-quatre minutes, ils font un petit pas de danse latéral, comme s’ils glissaient sur un tapis roulant sur leur droite puis sur leur gauche. Cela a quelque chose d’étonnant et d’assez drôle en vérité. Une petite chorégraphie exécutée mécaniquement et très, très sérieusement, sur un espace vraiment rikiki, la plupart du temps entre deux chaises.

Quand l’homme très sérieux avec sa petite toque rouge, ses grosses lunettes rondes et son tambourin fait un petit saut de chat lors de cette chorégraphie, cela crée un effet surprise très comique. Cet homme a quelque chose d’un clown blanc. Très sérieux et très drôle. Et je suis là, à guetter le deuxième saut de chat, qui arrive. Avec toujours ce sérieux et son air de comptable bien sous tous rapports, il fait son saut de chat ou son saut de cabri, ou  son saut de brebis. Comme vous voulez. Mais il est indéniablement comique. Et le comique vient de la surprise, du décalage, du contraste entre l’homme très, très sérieux, et de la fantaisie de son saut. Et de ce qu’on ne s’y attend pas du tout !

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