Instantanés de l’année

Kaléïdoscope de l’année écoulée

Images, couleurs, sensations, sons, qui ont retenu mon attention cette année.

Jaune:

La couleur jaune, omniprésente ce dernier mois. Le jaune ‘gilet jaune’,  la vague de jaune, qui a déferlé sur la France, avec ses colères légitimes, et ses excès de violence, illégitimes aussi.

Rouge:

Au secours ma planète ! Tous les voyants sont au rouge, et nous dansons au bord du volcan. Atmosphère de fin du monde. Bruits de bottes un peu partout sur le globe, avec ces extrêmistes, qui arrivent au pouvoir ci et là, qui nous font revenir en arrière, et met en danger la paix, qui est déjà bien fragile.

Bleu:

L »océan se meurt du plastique, les mamiphères marins aussi, et nous aussi bientôt en bout de chaîne avec les micro particules de plastique, que nous finissons par ingérer.

Blanc:

Comme l’air du temps. Ce temps qui passe, et qui nous dépasse. Cinquante ans pour moi cette année. Un tournant dans une vie. Savoir qu’on entre dans la troisième page de sa vie, que le temps passe, et qu’il faut manifester ce qui doit l’être.

Vert:

La nature, malgré la pollution, la nature avec sa saisonnalité, sa faune, ses couleurs, ses odeurs, ses clameurs, ses douceurs, sa rudesse aussi est une consolation toute l’année. Un plaisir des yeux, des sens, du corps. Juste de se sentir vivante parmi d’autres êtres vivants.

Vert comme un arbre:

Un être vivant parmi d’autres. Comme les arbres, dont on a découvert l’intercommunication entre eux. L’intelligence des arbres.

Voir le livre La vie secrète des arbres, Paul Wohlleben, 2017, Et le film documentaire, L’intelligence des arbres.

 

 

 

 

 

 

Publicités

Empreinte d’un voyage

Images fugitives. Que reste t’il d’un court voyage trois semaines après ? Des petits riens: un sourire glané-là, un geste ici, quelques mots entendus ici,  une scène insolite là. Pas grand-chose, en fait. On retrouve vite son quotidien, et ses habitudes, mais il y a quand même une empreinte du voyage, qui parfois se fait même à notre insu.

Avoir découvert une autre culture, avoir été plongée dans un autre bain culturel, une autre langue, dans une autre lumière, d’autres sons, d’autres bruits, d’autres odeurs, malgré soi, et particulièrement si on est sensible, le voyage a déposé sa trace. Même si on ne s’en rend pas compte tout de suite. C’est pourquoi c’est si essentiel de voyager. Cette ouverture sur le monde, cette ouverture des yeux, cette ouverture du coeur. Des préjugés, des barrières tombent. Un appétit pour le monde, pour une culture, pour un pays s’éveille. Naissance d’une curiosité.

Et si je me replongeais dans ces images fugitives, qui à l’heure d’aujourd’hui, en y repensant me font sourire.

Une terrasse de café ensoleillée dans la Médina de Essaouira. Un groupe de musiciens traditionnels tout de blanc vêtus avec leurs instruments, et l’un d’eux attire particulièrement mon attention. Lui s’occupe du tambourin. Il est vêtu de cet ensemble masculin-sorte de robe et pantalon-blanc, d’une petite toque rouge, et de grosses lunettes rondes à doubles foyers. Il est très sérieux. Les quatre hommes jouent cette musique, qui nous est destinée à nous les touristes, paressant sur cette terrasse, et toutes les trois-quatre minutes, ils font un petit pas de danse latéral, comme s’ils glissaient sur un tapis roulant sur leur droite puis sur leur gauche. Cela a quelque chose d’étonnant et d’assez drôle en vérité. Une petite chorégraphie exécutée mécaniquement et très, très sérieusement, sur un espace vraiment rikiki, la plupart du temps entre deux chaises.

Quand l’homme très sérieux avec sa petite toque rouge, ses grosses lunettes rondes et son tambourin fait un petit saut de chat lors de cette chorégraphie, cela crée un effet surprise très comique. Cet homme a quelque chose d’un clown blanc. Très sérieux et très drôle. Et je suis là, à guetter le deuxième saut de chat, qui arrive. Avec toujours ce sérieux et son air de comptable bien sous tous rapports, il fait son saut de chat ou son saut de cabri, ou  son saut de brebis. Comme vous voulez. Mais il est indéniablement comique. Et le comique vient de la surprise, du décalage, du contraste entre l’homme très, très sérieux, et de la fantaisie de son saut. Et de ce qu’on ne s’y attend pas du tout !

Le lapin d’Alice

Le lapin d'Alice, image trouvée sur Facebook

Le lapin d’Alice, image trouvée sur Facebook

Il y a des images qui vous poursuivent, ou qui se sont incrustées en vous si profondément dans vos lectures d’enfant, qu’elles resurgissent à un moment donné ou à un autre dans votre vie d’adulte. Tel le lapin blanc et sa montre courant contre le temps dans cet album d’Alice au Pays des Merveilles, que j’avais. Album quasi incompréhensible, car l’adaptation était plus que raccourcie, et c’était en fait un résumé du livre où l’on voyait Alice dans des situations étranges et incompréhensibles, mais sans aucun lien entre elles. Cet album-rébus malgré tout a mis à l’épreuve ma curiosité d’enfant, et ce qu’il m’en est resté, plus qu’une histoire avec un sens, ce sont des images. Des images fortes. Porteuses de sens, rétrospectivement.

Comme le lapin d’Alice. Ce lapin et sa montre, métaphore du temps qui passe ou métaphore de la vie. Ce lapin peu sympathique que l’on poursuit dans un terrier, et qui d’aventure en mésaventure nous emmène plus loin, toujours plus loin. Ce lapin toujours pressé, qui fait ou qui dit des choses incompréhensibles, c’est un peu le cours de la vie même, qui nous porte, qui nous emporte, qui nous fait vivre parfois des choses surprenantes, imprévues, illogiques, et qui fait le charme de la vie même ! Cette part d’imprévu que chaque jour peut contenir pour le meilleur ou pour le pire. Cette course contre le temps, qui va bien plus vite que nous. Inéluctablement.

Le lapin d’Alice, ou l’image intrigante, curieuse, où le sens ne se donne pas d’emblée- mais un lapin, ce n’est pas habillé comme ça !, mais un lapin, ça n’a pas de montre !- toute cette part d’absurde et de fantaisie qu’elle contient, avec la multiplicité de ses lectures possibles est un défi pour l’esprit, pour l’imagination, et une petite pierre dans la construction de son propre édifice, de son propre imaginaire-univers.

Le lapin d’Alice, ce n’est pas une madeleine de Proust, c’est plutôt une petite lumière qui s’allume dans la tête, un pétillement des yeux, un Eurêka ! , une étincelle de l’esprit, comme une petite porte qui s’ouvre en soi, une nouvelle façon de faire, de voir les choses, un hymne à la nouveauté et à l’intelligence, un délire de mathématicien ou de musicien ! Quand l’abstraction devient émotion ! Quand l’image nous nourrit et nous féconde.

 

Un article intéressant à découvrir sur Le lapin blanc, et ce que cela représente sur : popenstock : http://popenstock.ca/dossier/article/le-saut-hors-de-la-matrice-la-poursuite-du-lapin-blanc