La procrastination, toute une histoire

Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais j’ai une fabuleuse propension à la procrastination.

– Qu’est-ce que tu fais ?- Je procrastine.

– Ah ! bon ! Et c’est quoi ça ? – Si je le savais… Comment t’expliquer ça ? Comment définir ce mot ?  Ce mot barbare, qui dit bien aussi la difficulté, dans laquelle elle te plonge, dès que tu commences à vouloir écrire.

On pourrait le définir comme: c’est le don de se couper soi-même l’herbe sous le pied. C’est tourner en rond devant sa feuille blanche. C’est écrire dix fois la même phrase pour l’effacer finalement. C’est te dire ‘J’y arriverai jamais’, et en effet, tu n’y arrives jamais. C’est se donner mille et une raisons pour tout faire sauf écrire. Combien de textes informulés sont tapis au fond de moi, et qui ne verront sans doute jamais le jour ?

Mais voyons ça dans le détail. Comment ça se manifeste chez moi.

Déjà, il te faut deux jours avant de te poser devant ton ordinateur pour écrire.  Et quand tu es devant ton ordinateur, tu vas ouvrir le fichier X, et non pas le fichier Z que tu as commencé. Ok, donc on recommence depuis le début.  Tu écris une première phrase, et tu doutes à la seconde même où tu l’as écrite. Tu effaces donc cette phrase, et tu en cherches une deuxième. Et c’est parti comme ça pour au moins dix minutes de : j’écris, j’efface.  Après ce très gros effort, tu as besoin de te lever, et de boire un verre d’eau. En passant devant le frigo, tu t’arrêtes, tu l’ouvres et tu engouffres une portion de fromage, ou un morceau de chocolat. Ou Monsieur le chat passe, et vient réclamer sa pitance. Tu te précipites vers les croquettes. Tu ne vas tout de même pas le laisser sans manger. Une action entraînant une autre action, tu peux te retrouver à tendre le linge, à répondre à un appel ou un email très-très important, à ouvrir la porte au facteur, à…. et finalement, tu viens de perdre 30 minutes, et quand tu te retrouves à nouveau devant ton ordinateur pour écrire, la même chose se reproduit. Et à la fin de la brève séance, si tu as écris trois lignes, tu es contente.

La procrastination, c’est comme une forme d’impuissance. Une sorte de résistance interne. Comme si tous tes gendarmes intérieurs s’unissaient pour t’empêcher d’exprimer ce que tu as à exprimer. Tous ces démons intérieurs, tous ces: ‘Tu n’y arriveras jamais !’, ‘Non, mais tu t’es vu ? Quelle arrogance ! ‘ Comment  ? Tu crois que tu peux écrire ? Eh! ben non, tu ne peux pas ! ‘ Et en effet, tu ne peux pas.  25 pages à rendre, et c’est la fin du monde, et c’est le ciel qui te tombe sur la tête, ou la foudre !  Les 25 pages vont devoir s’écrire toutes seules, ou en dormant, ou les pieds au plafond, ou en rêvant, ou à la dernière minute.

Ecrire sur la procrastination ou l’impuissance d’écrire pour mieux la combattre. C’est ruser avec le monstre en soi.  Ok ! Monstre, exprime toi, et après, tu me laisses écrire, ok ? Une façon comme une autre de commencer la séance d’écriture. Ou de ne pas la commencer…

Peut-être me faudra t’il attendre une autre vie, une réincarnation pour accomplir mon ‘rêve d’écrivain ‘ ? Car malheureusement, dans cette vie-là, ma propension à procrastiner est bien plus puissante que ma faculté à écrire. Il y a des rêves, qui ne resteront que des rêves. A moins que….

 

 

 

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