L’arbre penché

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L’arbre penché

Il suffit de pas grand-chose parfois pour déclencher en soi l’envie d’écrire. Les petits riens de la vie, les petites choses qui vous touchent, sans que vous le sachiez et que vous réalisez tout d’un coup.

Un arbre penché, enrobé de lumière, un coin d’ombre invisible à l’oeil, un chemin emprunté mille et mille et une fois, qui tout d’un coup sous le coup de projecteur de l’appareil photo vous paraît plus beau, plus mystérieux qu’avant. Et vous comprenez pourquoi peut-être alors votre coeur à chaque fois s’ouvre, s’émeut, s’élargit quand vous passez par le détour de ce chemin.

La beauté de la nature m’émerveille toujours. Peut-être encore plus maintenant qu’elle est en danger, ou qu’elle souffre de la grande chaleur. Cette verdure, qui fait du bien. Cette verdure, qui jaunit au fur et à mesure de la sécheresse des sols. Serons nous condamnés un jour à ne profiter de la verdure qu’en photo ? Je ne l’espère pas.

Les petites douceurs de la vie

Les petites douceurs de la vie…

Avant les grands départs, les grands regrets, les grands changements, ces choses, qui vous bousculent, qui vous tordent le coeur, qui vous mettent sens dessus dessous…Ces climax de la vie, qui vous font peur, mais qui sont parfois nécessaires pour avancer, pour bouger…

Alors, avant que le départ ne se proflle, profiter des petites douceurs de la vie, de celles que l’on s’offre tout simplement, comme aller chercher des mûres dans les fourrés, par un matin de pluie avec son pot à lait. Faire l’équilibriste dans le fossé pour ne pas tomber dans le trou, rempli de glaise, ne pas se piquer les doigts avec les ronces, et tenter de remplir son pot, mûre après mûre. En manger une, juste pour y goûter… Et à nouveau, petit jeu d’équilibriste. La jambe se tend, et essaye de  poser le pied sur le versant opposé, glissant, strié d’argile, et lorsqu’on a son appui, on se cale près du roncier, et l’on joue des doigts pour trouver les mûres, aller vers celles, plus grosses, plus juteuses sous les feuilles vertes. Et la pluie fine, qui vient vous chatouiller le nez, et l’on remet la capuche de l’anorak, et le petit jeu reprend, fossé après fossé.

Et ce petit temps pour soi que l’on accueille vous rappelle d’autres moments plus lointains, où l’on faisait cela, enfant, un peu différemment, avec sa maman à côté de soi. Aller chercher des mûres n’était pas qu’une partie de plaisir, et plus vite le pot était rempli, et mieux c’était.

Le must, c’était surtout de les manger en confiture ! Et sentir la bonne odeur de mûre cuite s’échapper de la casserole bouillante, et envahir toute la pièce. Rien que l’odeur était un régal, et faisait oublier les mains rougies, les piqûres dans les ronces, les bas de pantalons marrons de gadoue, les piqûres de guêpe, la trop grande humidité, ou la trop grande chaleur, la chute dans la bouse de vache, les engueulades entre soeurs, la compétition à qui remplirait le plus vite son sac, son pot, les renversements de pot etc.

Juste apprécier ces petits moments de la vie. Ces petits bonheurs tout simples de la vie à la campagne.

 

Ciels

Le ciel, comme une calligraphie,

Le ciel comme le mouvement de l âme même,

Le ciel, comme un paysage intérieur,

Le ciel, doux, sombre, menaçant, lumineux, et toutes les teintes de l’humeur.

Lire le ciel. Etre touchée par le ciel. Emue, apeurée, enthousiasmée, et tant d’autres choses.

Comment cette toile peinte au-dessus de nos têtes, une différente chaque jour, et parfois même plusieurs dans la journée, comment elle nous bouge, nous inspire, nous travaille, nous mobilise, nous démobilise, nous rassure, nous rassasie de beauté, dans quelque lieu que l’on soit. On peut toujours compter sur la beauté du ciel.

Le ciel, et mes rêves. Le ciel, et mes doutes. Le ciel, et mes questionnements. Le ciel, et ses réponses.

Ne pas partager le même ciel, mais faire ce même mouvement de lever la tête vers lui, et voir le soleil, et les nuages hiéroglyphes, animaux, monstres, bibendum, ou effilochés, toujours changeants. Leur discrète ou massive présence.

Avoir la bouche plein de ciel. Les yeux plus grands que le ciel. Vivre d’amour et de ciel. Il y aurait des expressions à inventer avec le ciel.

Ce dôme fascinant au-dessus de nos têtes.

 

 

 

 

 

Le mystère des choses

RICOH IMAGINGUne photo un peu mystérieuse, entre netteté et flou.

Se laisser inspirer par ce qui vient, par ce qui naît de l’instant, sans trop chercher à comprendre, sans trop chercher à rationaliser.

Cet invisible qui nous entoure, et qui parfois se montre à nous, imperceptiblement, si on veut bien le voir, si on veut bien y croire.

Cette envie de croire aux fantômes, aux présences, aux papillons-âmes des défunts dans le chamanisme. Pour se consoler, se dire qu’il y a un après, après la mort. Dans l’espoir de retrouver nos chers disparus, depuis longtemps, ou depuis peu.

Cette photo, comme l’instantané de l’invisible. Quand le flou prend le premier plan, quand l’irréalité est plus forte que le réel.

 

 

 

 

 

 

L’arbre, cet ami qui nous veut du bien

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Quelques images d’arbres ou de leur ombre, ces amis, qui nous veulent du bien.

Vivre à la campagne dans cette région jurassienne, c’est être entourée d’arbres. C’est une région particulièrement boisée, où les bois sont denses et feuillus, et d’une année sur l’autre, on voit les arbres grignoter l’espace des prés verts, comme si inlassablement, la nature creusait son sillon, et reprenait ses droits sur les espaces travaillés par l’homme. Parfois, en regardant un certain bois, je me dis: « Tiens, il a fait un pas en avant. », comme si la masse boisée s’était avancée d’un coup d’un mètre, et menaçait sérieusement la grande étendue verte à ses pieds.

J’aime la force tranquille de l’arbre, qui est là, comme une présence rassurante, parfois menaçante aussi, comme un témoin discret de nos vies, quand ils sont proches de nous. Parfois, je les regarde sans les regarder, comme s’ils étaient là pour l’éternité, habituée à leur présence, à leur ombre, ou à la lumière, qui traverse leur feuillage, alors, qu’ils sont comme nous fragiles et mortels, et que les uns et les autres sommes interdépendants. » Si tu prends bien soin de moi, je prendrai bien soin de toi. »

Je pense toujours regarder les arbres, et souvent, ils se retrouvent sur mes photos, quelque soit où je vais- l’arbre et sa puissance tranquille me fascine, mais, et si les arbres nous regardaient ? Nous voyons toujours le monde à partir de là où nous sommes, à partir de notre point de vue d’humain, mais si dans le grand paysage de la vie, nous étions bien plus minuscules, que ce que nous pensions être, et que cette nature sauvage ou civilisée, qui nous entoure avait son mot à dire ? Ou, qu’elle nous regardait nous démener, comme de petites fourmis à l’inlassable activité, et que c’était elle, qui menait la danse ? Peut-être ici, en tout cas, pas dans certaines régions du globe, où l’arbre et la nature sont en grand danger.

Notre passage sur terre en tant qu’être humain est bien plus bref que la vie d’un arbre, ces témoins muets de nos existences, mais qui sait, si on leur donnait la parole, auraient-ils des choses à nous raconter ? Des choses vues, expérimentées, des bonheurs, des désespoirs, des modes d’habillement, des coutumes nouvelles, voir les gens se déplacer en charrette, à pied, en vélo, puis en voiture… Etc.

En attendant de pouvoir écouter la parole d’un arbre, je me contente de le regarder, et d’imaginer tout ce qu’il aurait à me dire. De le serrer dans mes bras aussi, comme pour récupérer un peu de cette force de vie naturelle, de cette sève, qui coule dans son tronc, et qui passe un peu dans le mien. Il y a quelque chose de très rassérénant de prendre un arbre dans ses bras- sentir aussi la force de l’arbre circuler, sentir la peau sèche de son écorce sous ses mains, avoir le visage un peu éraflé par une branche qui dépasse, ou par l’appui un peu rêche que sa tête a trouvé contre le tronc, et de se dire, que quelque soit les événements de nos vie-heureux ou malheureux- on peut toujours compter sur la présence et la force tranquille de ces amis qui nous veulent du bien.

 

 

 

 

 

Coquelicots 2019

Encore une petite photo de coquelicots, comme un refrain de l’été, qui année après année revient. Toujours le même, et toujours un peu différent.

C’est toujours le même plaisir des yeux, le même plaisir des sens. Quand la nature se fait artiste, et signe des tableaux éphémères, rien que pour nous.

 

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Danser

Danser

Danser en étant présent. Absent. Entièrement. Avec engagement. Etre là à 100 pour cents. Danser comme un mort-vivant. Danser lentement, Rapidement. En tressautant.  En jouant, en criant, en pleurant. En riant,  En s’envolant, en sautillant, en tournant. En s’imbriquant. En hésitant, en fuyant. En rampant, en se jugeant, en se collant, en se touchant, en s’évitant, timidement, en s’extasiant.  En rêvant.

Danser ses tripes. Danser pour se libérer.

En corps à corps. Seul ou avec l’autre. Immergé en soi, ou accroché à l’autre. Raide comme un piquet. Avec des valises aux pieds. Danser avec sérieux. Danser avec fantaisie. Avec surprise. Avec poésie. Avec légèreté. En s’envolant.

Danser avec fatigue, avec émotion, avec humeur, colère, joie, tristesse, attitude, désespoir. Avec séduction.

Danser comme un pétale. Avec délicatesse. Avec grâce. Avec douceur.

Danser pour être vu. Danser avec arrogance.

Danser en accord, en désaccord

Danser pour être soi. Danser pour soi.

Danser les dents serrées, le cul serré, le visage fermé. Danser les yeux exorbités. Avec intensité. Les yeux fermés. En vérité. Pour exister. Avec brutalité. Avec sensualité, Avec générosité. Avec inventivité. Avec étrangeté. En étant incarné. En défiant la gravité. Avec légèreté. Avec agilité.

Avec souplesse. Avec grâce. Avec les bras, sans les bras. Les yeux perdus. Danser visage ouvert. Danser avec plaisir. Avec passion. En rythme. Danser la bouche ouverte. Le sourire radieux. En harmonie, en disharmonie, en arythmie.

Comme un robot, comme une tombe, comme une folle, comme une transe, comme un lutin, comme une fée, comme un exorciste, comme un rite vaudou, comme une expansion, comme une rétention. Comme un roi, une reine, un joker, un guerrier, un sage, une amoureuse. Avec des milliers de dictionnaires sur la tête. L’air benêt, heureux. Comme une bombe, une explosion, un pétard mouillé. Comme un déchaînement, un chaos. Comme une porcelaine. Sans jamais se décoiffer. Danser comme une rock star. Comme une goutte de rosée. Danser avec tout son dentier. Comme une vahinée. Comme un bulldozer.

Danser comme si c’était la dernière fois. A ne plus pouvoir s’arrêter. Danser pour vivre. Danser pour ne pas mourir.

 

Ps: Echo d’un stage de danse des 5 rythmes, où 140 personnes, jeunes et moins jeunes se sont côtoyées pendant 5 jours pour danser ou ‘mettre en mouvement’ leurs êtres, et c’est étonnant comment l’expression de soi peut prendre différentes formes, au-delà de la laideur, de la beauté, ou de la performance. Juste se mettre en mouvement.