Acrostiches

Résonance

Riche de ses mille vies
Elle danse, elle danse
Serpentant dans le vent
Oubliant hier ou demain
Naître à elle-même
Au présent, au dedans
N’être qu’instant, elle s’oublie
Chanter ce qui vibre en elle
Etre mouvement. Etre la vie.

Sourire

Sous son front ardent
On distinguait ses yeux rieurs
Usinés par trop de rires
Resplendissants,
Irradiants, un ciel clair après l’orage
Ravissant les cœurs, les âmes
En une seule bouchée, en un seul regard.

Les lendemains

Les lendemains qui chantent
Elle n’en avait pas connus.
N’avait jamais eu d’années fastes.
De galères en galères, d’esquif
En naufrage, elle voguait sur la grande
Mer qu’est la vie. Toujours agitée.
A jamais marquée d’un sceau écarlate.
Il y a des vies, il y a des destins aux
Nombreuses nervures. Tatoués par la vie.

Ana et ses milles vies

Salves d’applaudissements
Ana vit pour cet instant
Légitimant tous ses sacrifices
Tous ses choix, bons et mauvais
Ici, là, sur scène, elle est elle-même
Mère courage, Antigone, Helga
Bernarda, Olga, Andromaque
Ana les a toutes jouées. Reine, mère
Nonne, servante, vierge, ou putain
Que la lumière se fasse ! Sur scène,
Une et plus qu’elle-même Ana vit
Et ne respire que pour cet instant là.

Histoire de ne pas en pleurer

Hippocampe affolé
Ictus amnésique, dit-on
Sans rire, ne plus se souvenir
Trou noir, plongée dans le vide
Où suis je ? Qui suis je ?
Isidore ? Isabelle? Casimir ?
Revenir à soi, plus tard
Effrayé de s’être oublié.

 

Petits textes nés sous la contrainte de l’atelier d’écriture. Chaque 1ère lettre d’un bloc de texte forme un mot. Comme Histoire, saltimbanque, Lendemain, etc…

Joie

BallonsQuand le vent s’engouffre en vous, vous soulève, et vous maintient dans un état d’apesanteur !. Comme si un orchestre se mettait instantanément en branle, et que votre corps jouait de tous les instruments ! Les yeux mandoline, les joues banjo, le coeur percussion, le buste guitare, les jambes violon… Quand vous devenez vibration. Avec les êtres, avec la nature, avec les animaux… Si vous étiez un mets de cuisine, vous seriez un soufflé, une petite merveille d’oeufs et de fromage, mais un soufflé qui ne se dégonfle pas…

Quand la joie vous visite, et s’invite en vous, vous voudriez lui dire à ce sentiment : ‘Bienvenue ! et surtout, reste un peu mon beau ! Non, pas une  nuit seulement ! Non pas comme un amoureux volage ! Non, pas comme un visiteur du soir ! Bienvenue, et installe toi dans mon petit ‘chez-moi’ ! Je peux te faire la visite du propriétaire si tu veux !’  Mais la joie, comme toutes les couleurs de l’humeur n’est pas un oiseau qu’on encage, mais une merveille de versatilité, une Barbapapa, un nuage de sucre, un vent, ou une grande bourrasque qui vous soulève et vous emporte, et qui une fois envolée vous fait retomber brutalement sur le sol ! Préparez le parachute pour amortir la chute ! Avoir toujours sur soi son petit parachute anti tristesse, anti coups de blues !

Accueillir la joie en soi, mais aussi toutes les autres émotions, humeurs quand elles surviennent ! Après tout, nous ne sommes que des pages blanches traversées par ces écritures échevelées, par ces vents contraires, et comme l’arbre, il nous faut être bien enraciné pour ne pas être ébranlé par les trop grandes tempêtes, qu’elles soient de joie ou de tristesse. Comme un marin, garder le cap, viser le Nord, et ne pas se perdre en route ! Aller de l’avant, droit devant, car de toutes façons, nous sommes attendus au bout du chemin. Pas de retour en arrière possible ! Vivre son présent, et aller vers son futur droit devant !

arbre